Quand le Titan prenait le Maquis

Quand le Titan prenait le maquis

 

 

 

A l'occasion des 150 ans du Jardin des Poètes, notre Association apportait son concours à la ville de Béziers pour commémorer un siècle et demi d'âge que porte allègrement ce parc urbain voulu par le maire de Béziers, Auguste Fabrégat. (voir notre article relatant cette manifestation).

Ce qui nous offre l'occasion de tourner une petite page, peu connue, de l'histoire cachée de Béziers lors de l'occupation (1942-1944).

Cette page concerne le "Titan" d'Injalbert.

Pour ce faire, nous aurons recours au témoignage d'une figure célèbre, pour ne pas dire "pittoresque" de notre

ville : Jules Cadenat.

Durant l'occupation, les allemands, en quête de matériaux non ferreux propices à la refonte pour confectionner des "machines de guerre", inventoriaient et récupéraient les ouvrages susceptibles d'être réutilisés.

A Béziers, figuraient sur leur liste : statue de Paul Riquet, la république du monument Casimir Péret (aujourd'hui réhabilitée) et le Titan du Plateau des Poètes.

A Paris, Jules Cadenat, membre du Commissariat National des Sports, fait connaissance du préposé local chargé de ces inventaires. Ce dernier l'oriente vers l'ingénieur des chemins de fer responsable du transport de ces matières "confisquées".

Simultanément, Cadenat fait une démarche auprès du préfet, par chance, fan du rugby. Lequel préfet introduisit notre biterrois au Commissariat Général des Beaux Arts. Ce commissaire, autre chance, est un admirateur des sculpteurs biterrois, Magrou et Injalbert. A son tour, il facilitera une rencontre entre Cadenat et le ministre de la culture, un certain Régnier.

Et ce sera l'heureuse surprise.

 

(...et bien. Cadenat, on ne me reconnait pas ?

    j'étais à Michelet quand vous étiez à Louis Le grand, et le dimanche nous bataillions ensemble     sur un terrain de rugby !

 ...alors mon cher Jules, je ne peux certes pas vous donner le Titan .... mais je peux ne pas vous      le  prendre.... débrouillez-vous, je fermerai les yeux..... j'informerai mon directeur régional       pour qu'il fasse de même.)

 

De retour à Béziers, Cadenat peut alors rencontrer le maire Albertini et le directeur des travaux, M Nel, tous trois se mettant en quête de trouver une cachette pour mettre à l'abri l'oeuvre d'Injalbert.

Aprés avoir hésité, le champ d'ordures ménagères notamment, se sera un terrain proche des voies d'intèrêt local, appartenant aux Ets Valette et Rouanet, qui sera retenu. Là à demi enterré, recouvert de feraille et de sarments, le Titan attendra avec les biterrois, la libération de leur ville, pour sortir de la clandestinité et retrouver sa place au plateau.

 

Robert Cavaliè

 

 

 

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